Lettre de Simone Weil à Xavier Vallat, Commissaire aux questions juives

Incroyable lettre, à lire impérativement ! Courte, très courte, mais tellement intelligente !!!! N’hésitez pas ! P.P.

Simone Weil, philosophe

Simone Weil, philosophe

Abandonnant provisoirement sa carrière d’enseignante, la philosophe Simone Weil, après avoir été ouvrière chez Renault en 1934-1935, devient ouvrière agricole en 1941… C’est dans ce contexte qu’elle écrit cette incroyable lettre chargée de courage et d’ironie, à Xavier Vallat, Commissaire général aux questions juives, qui vient juste de formaliser le second statut des Juifs et leur recensement, ainsi que la loi du 22 juillet 1941 qui organise la spoliation des biens juifs par l’État Français.

Simone Weil mettra ses parents à l’abri aux États-Unis en 1942 et se rendra en Grande-Bretagne pour y travailler comme rédactrice dans les services de la France Libre. Atteinte d’une tuberculose sans doute aggravée par sa période de vie ouvrière, Simone Weil meurt au sanatorium d’Ashford le 24 août 1943…

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site des lettres

9782246608318-tParution du livre le 28 mars 2001 – Laurent Joly, professeur agrégé d’histoire. Allocataire au centre d’histoire sociale du XXº siècle de Paris 1, prépare une thèse de doctorat sur le Commissariat général aux questions juives sous la direction du professeur Pascal Ory. Xavier Vallat est une figure emblématique de l’antisémitisme français et de la persécution des Juifs sous Vichy. Héraut des milieux anciens combattants de la droite catholique à la Chambre des députés pendant l’entre-deux-guerres, il fit scandale le 6 juin 1936 lorsque, s’adressant à Léon Blum du haut de la tribune parlementaire, il lança : « Pour la première fois ce vieux pays gallo-romain va être dirigé par un Juif ». Il devint dès lors le champion des milieux antisémites français, et, en juillet 1940, il se rallia avec enthousiasme au maréchal Pétain. En mars 1941, Xavier Vallat prit la direction du Commissariat Général aux Questions Juives. Pendant un an, il s’acquitta de ses fonctions avec une ferveur fanatique, donnant à la France une législation anti-juive complète et systématique, il ordonna un recensement des Juifs en zone libre et tenta de faire adopter un nouveau Statut des Juifs, encore plus sévère que la législation nazie. Après son départ du Commissariat, il resta jusqu’au bout fidèle au régime et remplaça, en juin 1944, Philippe Henriot (assassiné par la résistance), au micro de la radiodiffusion nationale. En 1947, son procès en Haute Cour fit sensation : Xavier Vallat assuma pleinement son action sous l’Occupation, et alla même jusqu’à utiliser ses convictions antisémites comme stratégie de défense. Ayant sauvé de justesse sa tête, il devint le compagnon de cellule de Charles Maurras. Après sa sortie de prison, il termina sa carrière comme éditorialiste vedette de l’organe nationaliste Aspect de la France, et s’illustra une dernière fois en novembre 1967 en reprenant à son compte – tout en les dévoyant – les propos du général de Gaulle sur les Juifs « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». En suivant tout au long du siècle l’itinéraire politique et intellectuel de Xavier Vallat, c’est toute une tradition politique de la France, catholique et antisémite, que ce livre fait revivre et comprendre.

Laurent Joly, historien, est directeur de recherche au CNRS (CRH-EHESS). Il est notamment l’auteur, chez Grasset, de Vichy dans la « Solution finale » (2006) et a dirigé La Délation dans la France des années noires (Perrin, 2012)…

Éditions Grasset

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