François Villon 1431-1463 ? Son œuvre, c’est un grain qui germe. Elle est constamment réinventée. Et réinterprétée…

Son œuvre, c’est un grain qui germe. Elle est constamment réinventée. Et réinterprétée…

La marche de l’histoire mercredi 11 janvier 2017 par Jean Lebrun

Invitée de l’émission  Sophie Cassagnes-Brouquet Professeur des universités en histoire médiévale à l’université de Toulouse-Le Mirail

André Suares disait : « Il est savant, presque d’Église; il aurait pu être docteur ou grand juge ou qui sait quoi. Mais il fait le ribaud et l’espiègle » Les années passant, les incriminations pleuvent dru : du canular à la rixe, du crochetage à l’assassinat… L’idée de peiner toute sa vie dans l’ennui lui est sans doute insupportable. Il préfère descendre sa pente plutôt que de la remonter. C’est ainsi qu’à trente ans, il se retrouve seul, condamné à errer ou à se dissimuler.

Mais « de moi pauvre, je veux parler ». Il a une façon bien à lui. Son œuvre est un long testament délié où il s’imagine un lignage et distribue des biens sans réalité tout en se représentant écrivant, souffrant et bientôt mourant mais toujours insolent. Dès son vivant, ses poèmes circulent. Jetés au vent des routes ou aux tables des tavernes. Mais ils sont aussi connus dans les petites cours choisies qu’il lui est arrivé de fréquenter, à Blois chez le duc d’Orléans, à Moulins chez le duc de Bourbon. Dès 1489, Villon est imprimé. Avec l’édition de Clément Marot, l’autorité vient à ses textes avant que Rabelais ne le tire dans le sens du grotesque. Le XIXème marquera un nouveau départ.

Son œuvre, c’est un grain qui germe. Elle est constamment réinventée. Et réinterprétée : récemment Sapho et La souris déglinguée ! Souvent on décrète sa résurrection : Verlaine, Genet. De son vivant, sa réputation, pour reprendre un mot cher à Brassens, n’avait cessé d’empirer; aujourd’hui elle n’arrête pas de grandir. André Suares, encore lui, disait : « C’est le poète ».

Pour écouter l’émission sonore France inter.fr/émissions/la marche de-l’histoire-11-janvier-2017

Également un autre lien : « De moi, pauvre, je veux parler » : Vie et mort de François Villon …

De moi, pauvre, je veux parler est le titre de la biographie de François Villon écrite par Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale. Villon, l’un des premiers poètes de notre langue française, est un personnage à la vie aussi étonnante que l’œuvre. En fin d’émission, nous prenons la route du Val de Loire et plus précisément de Meung-sur-Loire. Villon a été emprisonné quelques mois dans le château de cette ville.

Pour en savoir plus voir le billet publié le 08 décembre 2016 par Franck Ferrand sur le site de l’émission Au cœur de l’Histoire europe1

ACDH – L’intégrale – François Villon – 08/12/2016

de-moi-pauvre-je-veux-parlerParution du livre le le 12 octobre 2016 – S’il est un mystère dans l’histoire de la littérature, c’est celui du poète appelé pour la postérité François Villon ( né en 1431 et disparu en 1463). Ruffian, ribaud, espiègle, qui était donc cet « écolier » de génie, né l’année où Jeanne d’Arc, « la bonne Lorraine », a péri sur le bûcher, et qui reste à jamais comme le premier écrivain français à avoir introduit « la conscience de soi » dans nos lettres ? C’est à ce paradoxe unique – un poète dont on ignore jusqu’à la date de mort, mais qui a parlé de lui comme nul autre – que s’attelle Sophie Brouquet avec une connaissance exceptionnelle du XVe siècle. L’occasion de visiter avec elle le cimetière des Innocents, de s’interroger sur les Dames du temps jadis comme sur Montfaucon, la Sorbonne ou la taverne de la Pomme de Pin. L’occasion surtout de comprendre la destinée d’un homme qui n’a cessé d’inspirer les fantasmes les plus divers à mesure que le Moyen Age est revenu hanter les rêves et les désirs. Une biographie enfin exhaustive à l’usage de ceux que François Villon, l’insoumis par excellence, appelait ses « frères humains ». Après un doctorat d’histoire à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et une thèse en histoire de l’art médiéval, Sophie Cassagnes-Brouquet est devenue conservatrice des Antiquités et Objets d’Art en Corrèze. Elle est aujourd’hui professeur d’histoire médiévale à l’Université de Toulouse II. Sophie Cassagnes Brouquet a notamment publié La passion du livre au Moyen Age (2003), Les romans de la Table Ronde, premières images de l’univers arthurien (2005), La Vie des femmes au Moyen Age (2009) et récemment chez Perrin, Chevaleresses (2013)

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