Gendarmes et miliciens – L’implication de la gendarmerie des les cours martiales de 1944

92Le 31 décembre 1943, le chef de la Milice, Joseph Darnand, est nommé par le gouvernement de Vichy secrétaire général au Maintien de l’ordre. Cette nomination, exigée par les autorités allemandes d’occupation, marque une radicalisation dans la lutte contre les maquis. Les cours martiales créées pour juger sommairement les Résistants arrêtés, permettent de les fusiller, dès la sentence rendue, sous couvert d’une apparence de légalité.

Darnand, qui a imposé son autorité sur l’ensemble des forces de l’ordre, leur ordonne de constituer les pelotons d’exécution après  chaque audience de cette juridiction peu conforme au droit français. De la sorte les gendarmes se voient contraints de participer  à ces mises à mort, alors que la législation, encore en vigueur, le leur interdit. C’est à un véritable cas de conscience que les militaires de la gendarmerie sont alors confrontés…

Le colonel Claude CAZALS bien connu des historiens de la gendarmerie a été l’un des tout premiers à écrire sur la gendarmerie sous l’occupation. Outre de nombreux articles, pour notamment la Revue de la Gendarmerie Nationale, il a ainsi été l’auteur de « La gendarmerie sous l’occupation » en 1994, « La Garde sous Vichy » en 1997, « La gendarmerie et la Libération. Résistance. Combats libérateurs. Réorganisation. Épuration. » en 2001.

Décédé à l’âge de 74 ans dans l’Aveyron en 2010.

Son père Marcellin CAZALS, dont l’une des trois salles de réunion à la DGGN place Beauvau porte le nom, en plus de ses brillantes actions de résistance durant la guerre, a en effet également été nommé « Juste parmi les nations » en 1993 pour avoir sauvé plusieurs familles juives. Il  fait partie des 14 gendarmes honorés de cette distinction »

Petit-fils et fils de gendarme, Benoît Haberbusch est officier de gendarmerie, affecté au service historique de la Défense au château de Vincennes. Docteur en histoire, il a soutenu en 2003 à l’Université de Paris IV-Sorbonne une thèse sur la gendarmerie en Algérie de 1939 à 1945.

Ce spécialiste reconnu de l’histoire de la gendarmerie a publié une dizaine d’ouvrages et rédigé une centaine d’articles sur le sujet. En 2012, il a publié Les gendarmes face au crime durant l’entre-deux-guerres (Geste éditions). Il est également rédacteur en chef de la revue Histoire et Patrimoine des Gendarmes.

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