Sur le front intérieur du péril vénérien (1914-1918)

adh_103_l204L’histoire des maladies vénériennes et plus particulièrement de la syphilis, la plus terrifiante d’entre elles, est maintenant bien connue, surtout pour la période précédant 1914 (Corbin, 1977, 245-283 ; 1998, 141-169). Ces maladies que la presse contemporaine appelle « spéciales » pour ne pas avoir à les nommer véhiculent des fantasmes qui, par leur puissance, permettent de saisir le climat culturel d’une France rebaptisée « Belle Époque » après l’horreur de la Première Guerre mondiale mais qui se voyait pour sa part « Fin de siècle ». Avec l’alcoolisme et la tuberculose, la syphilis forme en effet un effroyable triptyque menaçant la nation de « dégénérescence » c’est-à-dire de déclin physique et moral irrémédiable car biologique. Pis encore, les maladies vénériennes accusées de corrompre le sang et d’abâtardir les générations futures ne seraient pas susceptibles de guérison, elles prépareraient le terrain à d’autres affections induites par elles (parasyphilis) ou se transmettraient héréditairement, en sautant une ou plusieurs générations au besoin (hérédosyphilis). La descendance du vénérien est donc condamnée et avec lui la race française, lentement mais inexorablement pourrie, atteinte dans la qualité et la quantité. Si les Cassandres scientifiques ont commencé à forger les fondements du péril vénérien dès la fin des années 1880, notamment autour du professeur Alfred Fournier, il a fallu attendre le début du xxe siècle pour que l’angoisse gagne l’opinion publique à son tour  La pièce d’Eugène Brieux, Les Avariés (Paris, Stock,… et ce n’est finalement qu’avec la Première Guerre mondiale que les pouvoirs publics et militaires décident de se préoccuper de la question et de se lancer dans une offensive tous azimuts contre cet ennemi intérieur que d’aucuns jugent plus dangereux que le boche…

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site cairn

Annales de démographie historique 2002/1 (no 103) Pages : 258 ISBN : 9782701131016 Éditeur : Belin

524JEAN-YVES LE NAOUR – Historien, né en 1972 à Meaux (Seine et Marne), docteur en histoire, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l’histoire du XXe siècle. Il est l’auteur de plusieurs documentaires portant sur la Grande Guerre ainsi que sur l’histoire du XXe siècle.

Deux de ses essais ont reçu un prix : L’affaire Malvy a remporté le prix Henri Hertz 2008, Les soldats de la honte, le Grand-Prix du livre d’histoire Ouest-France-Société Générale 2011 ainsi qu’une seconde distinction : le prix de l’Académie de Médecine Jean-Charles Sournia qui récompense « un travail original récent consacré à l’histoire de la Médecine ».

– Un portrait de Jean-Yves Le Naour dans la revue Bretons de mai 2013.

– Par Nina Sorel, un portrait de Jean-Yves Le Naour dans Historia de mars 2013.

– Par Joël Bigorgne, un portrait de Jean-Yves Le Naour dans Ouest France.

– Un entretien dans la revue Géo histoire avec Valérie Kubiak et J.-M. Bretagne à propos de l’année 1914.

– Un second entretien sur la Grande Guerre dans l’Express avec Philippe Bidalon et Léon Mazzella.

philippe-henri-est-de-retourEn parallèle  du blog  FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …
 
 

Accéder au Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson est un ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

Philippe poisson – Google+ 51 720

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