Les femmes et la chaîne des forçats : l’impossible absence

rhmc_554_l204Dans le deuxième volume des Misérables, Victor Hugo évoque l’une des nombreuses promenades effectuées par Jean Valjean et Cosette afin de contempler le lever du soleil. En ce matin d’octobre 1831, ils déambulent à proximité de la barrière du Maine. Tout est paix et silence. Ils sont presque seuls, à peine dérangés par quelques ouvriers se rendant à leur travail. Jean Valjean, perdu dans ses pensées, songe à Cosette et ose imaginer un avenir heureux. Soudain, à quelque distance, monte lentement une rumeur difficile à identifier à une heure si matinale … (Image à la une : Départ des forçats à Bicêtre Cloquemin, Gabriel, dessinateur – Entre 1829 et 1839 – Musée Carnavalet, Histoire de Paris)

Revue d’histoire moderne et contemporaine – 2008/4 (n° 55-4) –Pages : 256

Sylvain Rappaport, agrégé d’histoire, enseigne l’histoire au lycée Francois Villon, à Paris.

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site cairn

9782700723410Il faut imaginer le silence des campagnes françaises, brisé par le fracas qui monte du cortège de centaines d’hommes reliés par des colliers de fer. Cette musique effroyable, marque du châtiment et de la honte des forçats qui cheminent depuis la prison de Bicêtre jusqu’aux bagnes portuaires, a frappé nombre d’écrivains, de Victor Hugo à Frédéric Mistral. La chaîne ! Organisée par l’État qui en confie l’administration à une entreprise privée, elle déroule son long transfert de convicts : souvent un mois passé sur les routes, avec une mauvaise chemise pour seul bagage. Pour l’État, elle est, jusqu’à la monarchie de Juillet, l’outil d’une véritable «pédagogie de l’effroi» : le chemin de croix des forçats donne lieu à des manifestations de joie populaire qui célèbrent la victoire de la Justice sur le Crime. Puis, dans la France post-révolutionnaire, la dureté de la chaîne suscite peu à peu une montée d’émotion et d’indignation : ne faut-il pas secourir ces hommes qui souffrent ? Les nourrir convenablement ? Les soigner lorsqu’ils tombent malades ? Jusqu’en 1836, date à partir de laquelle les convois de prisonniers se font dans des voitures fermées, à l’abri des regards, la chaîne manifeste toutes les couleurs du spectre des rapports qu’entretiennent le Pouvoir et la violence. Auteurs : Sylvain Rappaport, Thème : Histoire Collection : Histoire Parution : 27/01/2006.

14691147_10154019177248997_4431456290662948463_nEn parallèle  du blog  FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …
 
 

Accéder au Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson est un ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

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