Le temps des maquerelles

Stratégies et artifices mis en place par celles qui pervertissent, logent et prostituent les femmes à Toulouse au XVIIIe siècle. (Image à la une – Placard diffamatoire, encre sur papier (24 × 36 cm). Pièce à conviction jointe à la procédure faite par Magdeleine Dangeville contre des inconnus. Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 808/6, procédure # 143, du 1er décembre 1764)

En septembre, le dossier Dans les bas-fonds proposé par les Archives municipales de Toulouse s’attardait sur l’activité des maquerelles à Toulouse sous l’Ancien Régime.

Depuis la suppression du bordel public (connu sous les noms successifs de Grande abbaye, Château Vert et Public) en 1550, la prostitution toulousaine, pour répondre à la demande de la clientèle, a été contrainte de se développer différemment et d’investir d’autres lieux. Mais elle devenait désormais illégale, tolérée dans le meilleur des cas, punie sévèrement la plupart du temps.

Dressé à partir des sources judiciaires, ce dossier nous entraîne à la découverte du quotidien des maquerelles du XVIIIe siècle.

Ruffiana venetiana [maquerelle vénitienne], in "Recueil de costumes étrangers...", ancienne collection J.-J. Boissard, 1581. Bibliothèque nationale de France, OB-26-4 (folio 6, détail

Ruffiana venetiana [maquerelle vénitienne], in « Recueil de costumes étrangers… », ancienne collection J.-J. Boissard, 1581. Bibliothèque nationale de France, OB-26-4 (folio 6, détail

C’est au fil des dénonces, enquêtes sommaires, cahiers d’inquisition et interrogatoires que la maquerelle nous apparaît dans les divers aspects de son commerce des corps : elle se montre tout d’abord séductrice et rusée pour attirer à elle des filles jeunes, mais aussi menaçante afin de les faire plier à ses volontés et celles des hommes. Puis, la maquerelle doit aussi être capable de satisfaire aux besoins et caprices de sa clientèle, non seulement en leur présentant des filles agréables, saines et dociles, mais encore en organisant les goûters et soupers qui accompagnent invariablement les ébats. Enfin, la maquerelle doit faire preuve d’une vigilance extrême, autant afin d’échapper à la justice sous la menace de laquelle elle vit constamment, que pour contrôler les allées et venues des clients qui hantent son logis ou attendent impatiemment devant sa porte.

Ce dossier permet aussi de découvrir à travers une carte dressée pour l’occasion, la localisation de ces nombreux « bordels publics », pourtant interdits, qui ont pu fleurir dans la ville entre 1760 et 1780.

Lire le billet et accéder au dossier des Archives de Toulouse.

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