Les comtesses de la Gestapo

Les comtesses de la GestapoParution du livre le 17 janvier 2007 – Dans le Paris de l’Occupation, réduit au périmètre douteux qui va des bureaux du Majestic à l’Omnibus de chez Maxim s en passant par les sous-sols de la rue Lauriston, ce livre brosse une galerie de femmes vénales, exotiques, qui vont vivre sous l’occupation, un étrange conte de fées qui se terminera souvent en cauchemar? Russe comme la princesse Tchernitcheff, mannequin et actrice de cinéma, qui devint la protégée du sinistre Lafont, chef de la Gestapo française, et la maîtresse d’officiers allemands influents? Grecque comme la princesse Mourousi, lesbienne et morphinomane qui, non contente de doubler les Allemands au marché noir, faisait vider les appartements des juifs pourchassés? Espagnole comme la marquise de San Carlos, maîtresse avant guerre du maire de Biarritz, franquiste de la première heure, elle s’acharnait sur les réfugiés républicains qu’elle dénonçait? Mais aussi françaises comme Sylviane d’Abrantés ou la comtesse Olinska. La première, maîtresse entre autres de Lafont qui la décrit comme « une chienne et une folle », sera une des grandes courtisanes de l’Occupation. La comtesse Olinska profite de ses trafics d’influence pour tenter de se lancer avec sa petite fille dans le monde du cinéma. Elles vont traverser cette période en reines de toutes les compromissions, portées par la veulerie des hommes en place et les complaisances du système économique instauré par l’occupant. Grâce à l’ouverture récente des archives de justice aux historiens, ce livre dévoile pour la première fois les vies extravagantes de celles qu’on surnomma après guerre, les « comtesses de la Gestapo », fleurs vénéneuses dont l’éclat fut peut-être fugitif mais le parfum assez capiteux pour nous fasciner et nous horrifier – encore aujourd’hui. (Éditions Grasset)

Sang bleu et nazisme par François-Guillaume Lorrain

Publié le 25/01/2007 Le Point – Histoire

LA PRINCESSE MOUROUSI. Princess Euphrosine Mourousi on january 11, 1950 during trial for collaboration during ww2. Full credit: AGIP - Rue des Archives / Granger, NYC -- All righ

« Mara, comtesse Tchernycheff, Sylve, marquise d’Abrantès, Evanne, princesse Mourousi (en médaillon à droite de l’article ). Elles furent les avatars vénéneux d’un demi-monde parisien où la cocotte de la Belle Epoque s’était faite « chercheuse d’or », poule de luxe et femme d’affaires avisée, fleur du mal poussée sur le fumier de la Collaboration, économique et horizontale. En romancier, Modiano avait parfois esquissé les contours vaporeux de ces peaux trop bijoutées, de ces cuisses trop légères, qui pour une table au Fouquet’s, des cartes « coupure création » et autres privilèges essentiels intriguèrent à la Gestapo, 72-86 avenue Foch, à la Kriegsmarine, rue Royale, ou à la Carlingue de la bande de Bonny-Lafont, rue Lauriston. Leur seule patrie étant leur lit, les plus zélées oscillèrent entre les caïds du marché noir et les pillards teutons, devenant les intermédiaires naturelles entre les affreux qui bradaient la France et les vainqueurs qui, dans les bureaux Otto et autres officines, la rachetaient au prix fort. Cyril Eder leur donne le nom de « comtesses de la Gestapo », car nobles elles étaient, d’origine ou par alliance. Mais elles étaient plus près de la « gestapute » que de la comtesse. Sur leur album, on ne relève en effet que filoutages, dénonciations et extorsions à grande échelle.

Parmi toutes ces abjectes, c’est Evanne, princesse Mourousi, Mata Hari de pacotille, qui mérite la palme. Rejetée par le 2e Bureau français, elle offre ses services aux généreux Allemands pour moucharder ses compatriotes russes et dénoncer les grandes familles juives. Comme elle se permet, dans un trafic de cigarettes, d’escroquer les Allemands, elle file en prison, où elle accouche d’Yves, le futur journaliste. Elle fait piller l’hôtel des Weiller, avant d’être rattrapée par la justice. Moins inquiétées à la Libération que leurs amants, ces femmes d’affaires, fatales mais au fond si peu romanesques, ont à elles seules drainé toutes les humeurs malignes d’une époque bien sombre. Dommage qu’Eder se soit contenté de notices biographiques un peu plates et bien brouillonnes »…

Biographie de l’auteur :

Ancien professeur de lettres en Californie, Cyril Eder a publié La Castiglione par elle-même (RMN, 1999) dans le cadre d’une exposition présentée au musée d Orsay et au Metropolitan Art Museum de New York et Les frères Seberger, photographes de l’élégance (Le Seuil/BNF, 2006). Il travaille également depuis plusieurs années sur les archives secrètes de la Gestapo française pendant la Deuxième Guerre mondiale.

A propos de la photographie à la une :

« Cyril Eder dans son livre, nous montre des comtesses ou des fausses comtesses dont le charme faisait chavirer les mauvais garçons et tortionnaires en tout genre, bourrés d’argent pendant la guerre.

À quoi ressemblaient ces filles ? Comment étaient-elles, elles qui étaient « si belles » ! Cyril Éder ne nous montre pas de photo. Il ne semble pas y en avoir sur Internet (?).

Nous en avons trouvé une (pas sur Internet ), une vraie comtesse : descendante du comte Alexandre Alexandrovitch Tchernycheff-Bezobrazoff et de Marie Sherbatoff (ouf !), descendante d’un général sous le 1er Empire qui s’était fait remarquer à Paris par ses conquêtes (déjà).

Après avoir connu l’acteur Henri Garat, un temps son mari, croisé le chemin de Laffont de la Carlingue, du S.S. Leimer etc. Elle s’est retrouvée en possession du château de Bel-Air dans la région parisienne. Après avoir écopé de plusieurs condamnations à la Libération, elle a émigré aux U.S.A.

Voici sa photo. Pas mal ! »

Les comtesses ( et les comtes) de la Gestapo de Serge Desbois le mardi 12 avril 2011

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