Archives mensuelles : octobre 2015

1954 – Simone Veil affectée à la direction de l’administration pénitentiaire

Sa carrière de magistrate En 1954, comme l’École nationale de la magistrature n’existe pas encore, pour devenir magistrat, li faut d’abord exécuter différents stages, notamment au parquet pendant deux ans. A l’issue de cette période de formation, Simone Veil est reçue au concours. Elle est alors affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle occupe ce poste pendant sept ans. Au cours de ses contrôles dans les prisons, elle se rend compte des conditions de vie déplorables des détenus. Or, à cette époque, les médias comme l’opinion publique ne s’intéressent guère au problème, voire estiment que ces détenus ont mérité ce traitement. Par conséquent, un budget trop restreint pour faire de réelles réformes est consacré aux prisons empêchant d’améliorer la situation.

Observant également que la santé des détenus est préoccupante, la magistrate demande à ce qu’un camion radiologique passe dans tous les centres pour dépister les maladies, et crée également des centres médico-psychologiques au sein des maisons d’arrêt. Enfin, quelques bibliothèques et structures scolaires y sont ouvertes.

Simone Veil doit s’occuper d’un dossier très délicat : celui du sort des prisonniers en Algérie. Elle se rend donc sur place mais est très mal accueillie par les responsables pénitenciers. Le problème est compliqué : il s’agit de savoir si l’on garde prisonnier des centaines de personnes condamnées à mort alors que le Général de Gaulle a suspendu leur exécution en 1958. Pour trouver un compromis, ces détenus ont été transférés en métropole. En ce qui concerne le sort des femmes algériennes, la magistrate a demandé à ce qu’elles soient regroupées dans le même centre et puissent bénéficier de cours.

Pour des raisons familiales, Simone Veil doit changer de poste. René Pleven lui propose alors le secrétariat de la commission d’étude sur l’adoption. Le garde des Sceaux, Jean Foyer, lui donne la Direction des affaires civiles. Quand René Pleven devient ministre de la Justice, dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, elle devient conseiller technique à son cabinet. Elle est ainsi chargée de travailler avec le Parlement. Mais, le travail est harassant alors au bout d’un an, elle accepte le poste de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, poste proposé par Georges Pompidou. Cette fonction lui laisse du temps libre qu’elle met à profit pour représenter la chancellerie dans les commissions du Conseil de l’Europe. Elle est également nommée comme administrateur à l’ORTF pour y représenter l’État …

simone veilC’est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne.

De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l’une de ses sœurs en mars 1944, jusqu’à ses fonctions les plus récentes, elle a su s’imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s’il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu’elle l’a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l’administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – c’est là qu’elle fait voter, contre son camp, la loi sur l’IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Fidèle à ce qu’elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu’elle l’a pu, en France comme partout, de son expérience d’Auschwitz.

Mais cette femme de mémoire n’est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n’a souci que du monde de demain, celui qu’elle léguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie.

Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des «grands» de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l’entend.

Simone Veil est née en 1927 à Nice. Âgée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études de droit puis à l’Institut d’études politiques de Paris la conduisent à entamer une carrière de magistrate. Après un passage par l’administration pénitentiaire, Simone Veil entre au cabinet de René Pleven, Garde des Sceaux. En 1974, elle entre au gouvernement Chirac comme Ministre de la Santé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1979. Ardente militante européenne, elle conduit la liste de l’UDF aux premières élections de 1979. Élue députée, elle devient également la première femme présidente du Parlement européen. En 1993, elle entre dans le gouvernement Balladur comme Ministre d’État chargée des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. De 1997 à 1998, elle préside le Haut Conseil à l’intégration. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel.

Extrait – Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes soeurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.

Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.
Les années 1920 furent pour eux celles du bonheur. Ils s’étaient mariés en 1922. Mon père, André Jacob, avait alors trente-deux ans et Maman, Yvonne Steinmetz, onze de moins. À l’époque, l’éclat du jeune couple ne passe pas inaperçu. André porte l’élégance sobre et discrète à laquelle il tient, tout comme il est attaché à la créativité de son métier d’architecte, durement secoué par quatre années de captivité, peu de temps après son grand prix de Rome. D’Yvonne irradie une beauté rayonnante qui évoque pour beaucoup celle de la star de l’époque, Greta Garbo. Un an plus tard naît une première fille, Madeleine, surnommée Milou. Une nouvelle année s’écoule et Denise voit le jour, puis Jean en 1925, et moi en 1927. En moins de cinq ans, la famille Jacob s’est donc élargie de deux à six membres. Mon père est satisfait. La France a besoin de familles nombreuses, juge-t-il. Quant à Maman, elle est heureuse. Ses enfants remplissent sa vie.
Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l’un de l’autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d’autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l’arbre généalogique fait état d’une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l’époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j’ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l’entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L’une d’entre elles datait des années 1750. On imagine l’émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village.
Revue de presse – Une vie.Le titre que Simone Veil a emprunté à Maupassant pour ses Mémoires est inexact : «sa» vie n’en est pas simplement «une», tant elle est exceptionnelle. Par le tragique, d’abord, avec la déportation qui détruit sa famille; c’est en rescapée que Simone Veil a traversé le reste de l’existence. Dans le politique, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe de hautes fonctions, toujours liées à ses engagements les plus profonds. Enfin, son parcours est rare par sa grande valeur éthique et philosophique : presque jamais Mme Veil n’a transigé, pour des raisons électorales ou partisanes, avec ses convictions – elle confie, dans Une vie, quelques regrets. Plus que d’autres, elle est donc fondée à juger sévèrement certains acteurs politiques, et ne s’en prive pas. (Christophe Barbier et Philippe Broussard – L’Express du 25 octobre 2007)
D’abord un caractère. Un fichu caractère, forgé dans l’épreuve. Un caractère libre, ardent, attaché aux valeurs morales et républicaines, inculquées très tôt par une famille dont elle vénère le souvenir. Mais aussi un esprit prompt à la rébellion, et parfois à la colère. Son autobiographie, écrite l’année de ses 80 ans et intitulée Une vie (Stock, 400 p., 22,50 euros), le démontre à chaque page, forgeant l’image d’une femme indépendante, rétive à tout embrigadement ou conformisme. Mais qui pensait encore que Simone Veil, personnage charismatique et populaire, était de nature consensuelle ?…
Sans illusion, Simone Veil. Mais avec ce sentiment, commun aux rescapés, que chaque minute de vie est “du rab”, que les biens et la richesse matériels ne sont que de l’écume. Avec une sensibilité extrême à tout ce qui génère humiliations et abaissement de l’autre – elle évoque toujours avec passion son travail en faveur des prisonniers lorsqu’elle était magistrate à l’administration pénitentiaire ; avec une détestation viscérale de la promiscuité et un attachement si fort à l’indépendance qu’elle renâclera toute sa vie à s’inscrire dans un parti politique (ce sera, ponctuellement et avant que François Bayrou ne l’en “dégoûte”, l’UDF), préférant un cavalier seul discret, plus conforme à son attirance pour “le politiquement incorrect”…
Débarrassée de toute fonction officielle, Simone Veil n’a jamais été aussi libre. (Annick Cojean – Le Monde du 8 novembre 2007)
  • Éditeur : Stock (31 octobre 2007)
  • Langue : Français

La sorcière de Rennes

Halloween s’impose tous les 31 octobre comme la fête commerciale par excellence, celle importée et imposée par les multinationales de la confiserie, des sucres ajoutés, des colorants divers et variés et des graisses saturées. On en oublierait presque que derrière cette mascarade se nichent des croyances ancestrales et une manière d’exorciser la mort qui plonge dans la nuit des temps. Aussi, dire qu’Halloween n’est qu’une « fête américaine », comme si cette nationalité suffisait à la disqualifier, revient à ignorer tout un ensemble de rites et traditions qui, même en Bretagne, cette région que l’on dit tellement liée à la religion, participent d’une telle logique. Ainsi, la rubrique faits-divers des journaux regorge d’informations qui, pour l’historien, sont particulièrement intéressantes et témoignent justement de la survivance de ces croyances ancestrales…

Pour en savoir plus…

En Envor est la revue électronique gratuite d’histoire de la Bretagne contemporaine. Périodiquement, retrouvez en ligne sur votre ordinateur des articles de qualité, richement illustrés, écrits par les meilleurs spécialistes de l’histoire contemporaine en Bretagne. Vous êtes mobile? Pas de problème: téléchargez gratuitement les articles sur votre tablette!

En envor est une revue ouverte; c’est-à-dire que chacun peut y contribuer en adressant au comité éditorial une proposition de texte.

Pour en savoir plus…


Les Rochambelles, une histoire de femmes

Les Rochambelles furent une unité d’infirmières volontaires engagées au combat lors de la libération de l’Europe et l’une des deux seules unités féminines à être engagées sur le front européen.

Tout a commencé avec Florence Conrad, infirmière à la Croix Rouge pendant la première guerre mondiale. Cette américaine francophile de 57 ans veut absolument prendre part à la seconde guerre mondiale à sa façon et décide de créer son unité d’infirmières.

Dès le départ, les Rochambelles c’est une histoire de femmes, puisque c’est auprès de riches américaines qu’elle trouve les fonds nécessaires à l’achat de 19 ambulances flambant neuves de marque Dodge. Elle réussit ensuite par son énergie et sa détermination à convaincre 14 françaises habitant New York à se lancer dans l’aventure…

Pour lire l’intégralité de cet article, voyez le lien suivant :

Les Rochambelles, une histoire de femmes

Marie-Claude Vaillant-Couturier : Une femme engagée, du PCF au procès de Nuremberg

Parution le 2 novembre 2012 Qui n’a pas lu son témoignage au procès de Nuremberg, en 1946 ? Face à ses bourreaux, elle y a dit l’horreur de ce qu’on appellera la Shoah. Mais que sait-on de celle dont Aragon disait, en 1937, qu’elle était d’une beauté scandaleuse ?

Elle avait alors vingt-cinq ans et venait d’épouser Paul Vaillant-Couturier, rédacteur en chef de l’Humanité, de vingt ans son aîné.

Il meurt dix jours plus tard. Elle portera son nom tout au long de sa vie. Un symbole. Elle, Marie-Claude Vogel, fille du fondateur du Jardin des Modes, de Vu et patron de Vogue, élevée par des précepteurs, fréquentant la bonne société et pourtant communiste à 20 ans.

Pour concrétiser son engagement, elle décide de devenir reporter-photographe, aux cotés de Capa, Kertesz, Brassaï, Cartier-Bresson. Elle est la première à photographier les camps de concentration d’Hitler en 1933. Elle immortalise également le combat des républicains lors de la guerre civile d’Espagne. Dans le Paris occupé de 1940, elle vit dans la clandestinité avec son futur mari, Pierre Villon, bientôt membre du Conseil national de la Résistance, et leur fils, Thomas, jusqu’à sa déportation à Auschwitz en 1942, puis à Ravensbrück. À la fin de la guerre, elle devient l’une des premières femmes élues au Parlement. Puis elle incarne cette «femme mémoire» qui ouvrira le chemin à l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité.

Fidèle à une cause qui lui paraissait juste, elle fut, selon Malraux, de celles qui font la noblesse d’un peuple.

Extrait – PAUL

Ils devaient partir en URSS le mardi, mais Paul est mort d’un infarctus le dimanche 10 octobre 1937. Une mort brutale dont Marie-Claude n’a véritablement ressenti la douleur qu’après, à la façon de celle qui survient quand le choc d’une balle ouvre une blessure dans la chair et la pensée, comme l’ont écrit tant d’auteurs et témoigné tant de victimes et tant d’amis de Paul blessés pendant la Grande Guerre.
L’Humanité, le journal dont Paul Vaillant-Couturier était le rédacteur en chef, et qui était alors le troisième grand quotidien français, publia le 14 octobre les résultats de l’autopsie : «altération grave du foie et des reins remontant à plusieurs années». «C’est extraordinaire, avait dit le médecin légiste, le Professeur Balthazar. Il a l’intérieur d’un homme de 80 ans, c’est l’ypérite qu’il a inhalée pendant la guerre.»
Ce fut la première fois que Marie-Claude Vogel signait un formulaire du nom de Vaillant-Couturier. Paul et elle s’étaient mariés douze jours plus tôt, le 29 septembre, à 11 heures du matin, à Villejuif. Il avait quarante-cinq ans, elle vingt-cinq.
«C’est avec la mort de Paul dit Marie-Claude, que la plupart des gens ont appris que nous étions mariés. Je ne portais pas son nom. Mais alors les copains m’ont appelée Vaillant-Couturier. Et personne n’aurait compris que je dise : je veux garder mon nom de jeune fille. Le minimum a été, ensuite, d’essayer d’être digne de ce nom.»
Elle avait fait sa connaissance à la Faisanderie, la maison de campagne des Vogel en forêt de Saint-Germain, un ancien pavillon de chasse construit sous Louis XIII et couvert de vigne vierge que Lucien, le père de Marie-Claude, louait depuis les années 20 à l’administration des Domaines et qu’il avait restauré à grands frais.
C’est à la Faisanderie plutôt que dans l’appartement de la rue Bonaparte que les Vogel recevaient, entourés d’une domesticité d’importance, dans la tradition des éditeurs anglais, pour discuter politique, articles, édition. Le grand Liberman, futur directeur artistique des éditions américaines Condé Nast, se souviendrait, des années plus tard, du bonheur qu’il avait à être invité le week-end à la Faisanderie, pour y rencontrer des personnalités…
Nicolas Vogel, le jeune frère de Marie-Claude, eut le droit de venir à cette table à partir de ses douze ans (1937). «J’y ai vu Einstein, Daladier, Paul Reynaud. J’y ai vu le roi Gustav de Suède, Picasso, Fernand Léger, tout ce que le monde compte de savants, d’écrivains, de peintres. Il y avait des tables de 14 ou 16 personnes et les conversations se terminaient parfois en engueulades terrifiantes.»
Carlo Rim, second rédacteur en chef de VU, l’hebdomadaire que lança Lucien Vogel en 1928, évoque, dans ses mémoires, le déjeuner du 15 juin 1930. «Autour de la grande table campagnarde : André Gide, Gaston Bergery, Fontenoy, René Clair, le comte Karolyi, Rappoport, Vaillant-Couturier». Soit dans l’ordre, le grand écrivain, l’homme politique, député-maire radical de Mantes, le journaliste de l’agence Havas spécialiste de la Chine, le réalisateur, l’ancien président de la République de Hongrie en 1918-1919, le vieux militant communiste, le journaliste de L’Humanité.
Biographie de l’auteur : Dominique Durand est journaliste. Ancien président de l’association française Buchenwald-Dora, il participe aux travaux de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, des Amis de la Fondation et à ceux de l’Union des associations de mémoire des camps nazis. Il est l’auteur de nombreux articles sur la résistance et la déportation dans des journaux spécialisés.
  • Éditeur : Balland
  • Collection : BIOGRAPHIE
Biographie de Marie-Claude Vaillant-Couturier :
Marie-Claude Vaillant-Couturier : une beauté scandaleuse ?

 

Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Marie-Claude Vogel, est une résistante et femme politique française, née le 3 novembre 1912 à Paris et décédée le 11 décembre 1996 à Paris. Elle fut l’épouse de Paul Vaillant-Couturier puis de Pierre Villon.

Elle entre en 1938 sur recommandation du Bureau Politique au service photo de l’Humanité; elle en prend ensuite la responsabilité, et côtoie alors Gabriel Péri et Georges Cogniot.
Attachée à l’équipe de Vu, photographe, mais aussi germaniste, elle est désignée pour participer, avec d’autres, à une enquête en Allemagne sur la montée du national-socialisme. C’est lors de ce voyage en 1933, deux mois après l’accession d’Hitler au pouvoir, qu’elle réalise clandestinement les clichés des camps d’Oranienburg et de Dachau, publiés à son retour en France. Elle effectue également pour Regards quelques reportages, notamment sur les Brigades internationales.
Elle s’engage dans la Résistance et participe à des publications clandestines Cette activité résistante lui vaut d’être arrêtée dans une souricière par la police de Pétain le 9 février 1942, Elle est déportée à Auschwitz-Birkenau via le camp d’internement de Compiègne par le convoi du 24 janvier 1943, dit convoi des « 31 000 » Elle reste dix-huit mois à Auschwitz, où elle est témoin oculaire du génocide des Juifs et des Tsiganes et participe au comité clandestin international de résistance du camp. Puis elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück au mois d’août 1944 : tout d’abord affectée à des travaux de terrassement, elle est mutée au Revier (infirmerie du camp) en raison de sa connaissance de la langue allemande. Elle est témoin de l’accusation au procès de Nuremberg en 1946,

Marie-Claude Vaillant-Couturier témoigne au procès de Nuremberg :

Mise en ligne le 25 sept. 2009 – On Jan. 28, 1946, deputy French prosecutor Charles Dubost called Marie Claude Vailant-Coutrier, age 33, to the stand. She had taken leave of her post as a deputy in the Fench constituent assemby to testify. When France fell, she was arrested as a journalist and ordered to sign a false confession which she refused. She was sent to Auschwitz. She decribes in geat detail the procedures employed at Auschwitz and its conditions. It was riveting testimony.
Pour visionner l’intégralité de cette vidéo You Tube, cliquez le lien suivant :

Résistantes

Madeleine Riffaud, née le 23 août 1924 à Arvillers (Somme), est une résistante, poétesse, journaliste et correspondante de guerre française.

On a oublié d’inscrire leurs noms dans les livres d’histoire. Et pourtant, lorsqu’elles avaient 20 ans, ces femmes se sont battues pour la liberté. Telles Marie-Jo Chombart de Lauwe, entrée dans la Résistance à 16 ans, Madeleine Riffaud (photographie), qui a affronté les Allemands les armes à la main ou Cécile Rol-Tanguy, qui a transporté des armes dans un landau. Ces femmes se sont dressées contre l’ordre nazi et avec un même idéal : résister. Âgées aujourd’hui de plus de 90 ans, elles témoignent avec un leitmotiv commun : transmettre l’idée de résistance.

Des récits forts et bouleversants de ces femmes incroyablement courageuses.

Créée par : Pierre Hurel

Diffusion TV : lundi 26 à 22:20 sur

Liens utiles sur le blog :

On l’appelait Rainer (1939-1945) – Madeleine Riffaud

Toute une vie de résistance – Marie-Jo Chombart de Lauwe

L’agente de liaison de la Résistance, Cécile Rol-Tanguy

Simone de Beauvoir et les femmes

Simone de Beauvoir et les femmesParution du livre le 28 octobre 2015 – «Quand j’ai rencontré Simone de Beauvoir en 1971 au MLF, elle faisait rêver notre génération. Elle était l’exemple même de la femme libre qui refusait de se marier et d’avoir des enfants tout en vivant un couple égalitaire avec Sartre.

Avec la publication de sa correspondance, nous avons été obligées de revoir le mythe : une autre Beauvoir, la vraie Beauvoir, apparaissait publiquement, dévoilant une femme qui n’assumait pas son amour charnel pour ses « petites amies », comme les appelait Sartre, et dont la vie cachée contrastait cruellement avec le message émancipateur du Deuxième Sexe.

Beauvoir a-t-elle floué son public en n’assumant pas sa véritable personnalité ? Et pourquoi continuons-nous de la voir comme une référence du féminisme contemporain, alors qu’elle est si divisée dans son rapport avec les femmes ?»

Biographie de l’auteure :

Historienne et militante historique de la cause féministe, Marie-Jo Bonnet revient dans cet essai polémique et passionnant sur la grande intellectuelle et la femme ambiguë que fut Simone de Beauvoir.

La revue de presse Claire Devarrieux – Libération du 29 octobre 2015

Le livre approfondit des questions que l’auteur pose depuis longtemps, dans des colloques et des articles : au nom de quel clivage Beauvoir a-t-elle tu, voire nié, sa bisexualité, de quoi celle-ci était faite, et quelles ont été les conséquences de son «mensonge» ? Autant Danièle Sallenave, dans Castor de guerre (Gallimard, 2008), tout en tenant pour acquise la bisexualité de Beauvoir, considérait que chacun cache ce qu’il veut, et qu’un portrait n’avait pas à éclairer les zones laissées dans l’ombre, autant ces zones-là sont justement ce qui intéresse Marie-Jo Bonnet…

La seconde partie du livre est consacrée au Deuxième Sexe, best-seller dont le succès est à la fois compréhensible et fondé sur un malentendu : «Voilà un livre misogyne qui fixe la haine des femmes, la systématise, et la formule en petites phrases coupantes qui avancent comme une armée en territoire ennemi.» Beauvoir analyse «la condition féminine» et non les luttes à travers lesquelles les femmes se sont construites, non les oeuvres qu’elles ont créées.

Extrait de l’introduction du livre :

Pour ma génération, Simone de Beauvoir était inséparable de Jean-Paul Sartre. Sa vie entière était associée au grand philosophe, arrivé premier devant elle au concours de l’agrégation, engagé à gauche, qui refusa le prix Nobel et voyagea dans le monde entier avec sa compagne à l’invitation des plus prestigieux chefs d’État. Le couple Beauvoir-Sartre constituait une sorte de couple idéal d’intellectuels de gauche, un modèle égalitaire, une réussite encourageante d’une relation homme-femme épanouissante et respectueuse.

Lorsque j’ai rencontré Simone de Beauvoir dans le cadre des activités militantes du MLF, cette image d’intellectuelle hétérosexuelle engagée n’a fait que se renforcer. Elle était là, présence active dans le combat pour l’avortement libre et gratuit, la prise de responsabilités officielles, donnant son nom pour «diriger» les publications et associations féministes qui se fondaient régulièrement, participant aux manifestations publiques, celle du 20 novembre 1971, l’année suivante à la Mutualité de Paris, lors des journées de dénonciation des crimes contre les femmes, nous ouvrant les colonnes des Temps modernes pour le numéro spécial Les femmes s’entêtent, et l’année suivante, nous invitant à constituer une équipe d’historiennes pour réaliser la partie histoire du féminisme dans le film que Sartre devait faire pour la télévision.

N’ayant pas encore lu son oeuvre, je n’avais pas d’idée a priori sur l’auteur du Deuxième Sexe qui avait changé la vie de mes amies. Elle était là, avec nous, et je ne cherchais pas à percer l’image qu’elle nous offrait, même quand elle nous invita chez elle en 1975 pour les réunions du groupe d’historiennes. Un jour, cependant, étant arrivée un quart d’heure en avance, et me trouvant bien gênée de ce tête-à-tête inattendu, je profitai de l’occasion pour lui poser une question sur ses relations avec Violette Leduc. Je venais de commencer ma thèse d’histoire sur les relations amoureuses entre les femmes et je pensais qu’elle me parlerait librement de cet auteur lesbienne qui avait courageusement exalté l’érotique amoureuse féminine. Il est probable que ma question dut la désarçonner car elle se lança dans une longue explication sur les positions politiques de Violette Leduc. Elle était une femme de droite qui avait fait du marché noir pendant la guerre et ne pouvait pas présenter beaucoup d’intérêt pour nous qui étions engagées dans l’exaltante révolution des femmes. Je fus tellement étonnée de cette réponse que j’en restai coite. Je m’attendais, bien sûr, à ce qu’elle me parle de l’homosexualité de sa protégée, et notamment de sa passion pour elle. Nous avions conquis la liberté de parole et je ne voyais pas à quel point cette question directe pouvait être transgressive. Ce n’est que beaucoup plus tard, en lisant sa correspondance avec Sartre publiée par sa fille adoptive, que je compris qu’elle avait esquivé ma question pour des raisons personnelles. J’avais touché à un tabou qui remettait en question l’image que j’avais d’elle et les positions philosophiques étayant son féminisme.

Auteur : Marie-Jo Bonnet

Genre : Littérature Études et théories

Éditeur : Albin Michel, Paris, France

Marie-Antoinette Duboisdendien : Du Cherche-Midi à la prison de Mauzac

Nouvel article sur Esprit de Pays Dordogne-Périgord

Du Cherche-Midi à la prison de Mauzac Ce témoignage inédit sur l’exode pénitentiaire de juin 1940 rappelle que des dizaines de surveillants et des centaines de prisonniers provenant du Cherche-Midi et de la Santé vont former, au camp Nord de Sauvebœuf, la « prison militaire de Paris repliée à Mauzac ».

Jusqu’à l’âge de 17 ans, Marie-Antoinette vit sa jeunesse à Paris, derrière les hauts murs de la prison militaire du Cherche-Midi. Son père y est adjudant-chef. Marie-Antoinette habite avec sa famille au troisième étage de la prison, juste au-dessus de l’entrée du tribunal militaire, à l’angle de la rue du Cherche-Midi et du boulevard Raspail, à deux pas de l’hôtel Lutetia et de la Banque de France.

Tous ses souvenirs d’enfance sont restés là-bas, au Cherche-Midi… Avec un sourire malicieux et des yeux rieurs, cette dame de 91 ans nous raconte le petit jeu qu’elle avait imaginé et qui consistait à arroser, avec une poire à lavement remplie d’eau, ceux qui franchissaient la porte du tribunal… jusqu’à ce que son père s’en aperçoive, monte précipitamment jusqu’au 3e étage et confisque l’objet du délit !

Lire la suite

“Le magazine semestriel « Secrets de Pays – Échos du Pays des Bastides » est partenaire du site internet « Esprit de Pays, Dordogne-Périgord ».”

Le magazine Secrets de Pays – Échos du Pays des Bastides parait deux fois par an, en kiosques, Office de Tourisme, Maison de la Presse et autres points de vente. Pour vous le procurer, rien de plus simple : il suffit de vous rendre dans l’un des points de vente indiqués ci-dessous ou d’en faire la demande…

POUR OBTENIR PLUS DE RENSEIGNEMENTS

Pour se procurer le magazine, consultez notre page « Se procurer Secrets de Pays » sur le site internet qui lui est consacré.