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Un mois chez les filles

Un mois chez les filles

Date de parution le 20 mai 2015 – En 1928, la jeune journaliste Maryse Choisy décide de mener une enquête sur les milieux de la prostitution parisienne et explore un nouveau genre, le reportage en immersion. Elle se fait passer pour une femme de chambre dans une maison de rendez-vous, se déguise pour entrer dans les dancings de la pègre, devient sous-maîtresse chez Ginette, danseuse de salon dans un bar lesbien, puis s’invite dans un hôtel particulier où de riches Américaines s’offrent de prétendus princes russes. *

Elle réussit même à s’infiltrer dans le plus illustre des claques parisiens, Le Chabanais. Personnage célèbre des années folles, fantasque, libre et anticonformiste, Maryse Choisy se révèle une plume drôle, crue, engagée. On pense autant à Albert Londres qu’à Colette en lisant ce texte qui fit scandale et s’arracha alors à plus de 450 000 exemplaires. La redécouverte d’un livre exceptionnel, une invitation à suivre Maryse là où vous n’oseriez jamais aller.

PARIS, AVRIL 1931 L’écrivaine française en compagnie de son serpent Jo, qu’elle avait rapporté des Indes. © akg-images

Biographie de l’auteur : Maryse Choisy est un écrivain français fondatrice du suridéalisme.

Un événement inattendu surgit en 1939 dans sa vie: sa rencontre avec Teilhard de Chardin et sa conversion au catholicisme. Elle fait alors retirer ses ouvrages du commerce et fait disparaître de la circulation à ses frais ceux qui s’y trouvent, car ils ne satisfont pas au critère des trois passoires qu’on attribue à Socrate : vérité, utilité, bonté.

Passionnée de psychanalyse, elle a l’idée d’en introduire les concepts dans ses romans pour donner plus de densité à leurs personnages.

Elle se consacre à la psychanalyse, qu’elle estime capable de contribuer durablement au bonheur du genre humain. Elle fondera à cette occasion la revue et le mouvement Psyché où de nombreux textes psychanalytiques seront publiés pour la première fois, notamment ceux de Pierre Bachelard, Juliette Favez-Boutonier, André Berge, Jacques Lacan, Françoise Dolto, René Laforgue et Georges Mauco.

Elle entreprend de voir ce qui peut être apporté à la littérature par d’autres disciplines, et fonde à cette occasion un mouvement qu’elle nomme le suridéalisme pour désigner le gisement conceptuel sur lequel il va pouvoir s’appuyer.

Elle rédige l’histoire de sa conversion (Sur le chemin de Dieu on rencontre d’abord le diable) et de très émouvants Contes pour ma fille (1946).

Elle va comme Jack London ou Alexandra David-Néel, se documenter aux sources, allant jusqu’à passer un mois dans une maison de prostitution pour écrire son enquête Un mois chez les filles et à se travestir en jeune moine pour Un mois chez les hommes (où elle a, écrit-elle, refusé les avances d’un moine du mont Athos).