Archives mensuelles : mars 2015

Rencontre avec Michelle Perrot, historienne et militante féministe

Ajoutée le 17 juin 2015 – Dans le cadre du “Forum des Femmes”, la Médiathèque a accueilli le 24 mars 2015 l’historienne et militante féministe Michelle Perrot pour une rencontre-débat. Bibliothèques de Suresnes
Pour écouter l’intégralité de la vidéo You tube, voyez le lien ci-dessous :

Les sœurs savantes – Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l’histoire

Les soeurs savantes - Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l'histoireParution du livre le 20 mars 2015 – Sans sa sœur aînée Bronia, Marie Curie serait restée gouvernante d’enfants. Elle n’aurait jamais gagné Paris pour s’inscrire à la Sorbonne, ni épousé Pierre Curie, sans doute pas découvert la radioactivité et encore moins obtenu deux prix Nobel. Sans Marie, Bronia Dluska ne serait pas devenue l’une des premières femmes médecins, elle n’aurait pas ouvert le meilleur sanatorium de Pologne ni dévoué autant d’énergie à ses engagements, côtoyant les esprits les plus brillants de son temps.

Entre la Pologne et Paris, de 1865 à 1939, les deux femmes ont tout partagé, ambitions professionnelles, douleurs de l’histoire, joies et drames privés. Toujours présentes l’une pour l’autre, leur relation hors du commun est une formidable leçon de vie. Travailleuses acharnées, Bronia et Marie étaient intimement convaincues que le progrès scientifique apporterait le bonheur à leurs semblables. Mais pour elles la famille passait avant tout.

C’est le portrait croisé de ces pionnières, aux destins indissociables, que raconte Natacha Henry pour la première fois.

Biographie de l’auteure :

Natacha Henry est historienne. Elle est notamment l’auteure de Marthe Richard, l’aventurière des maisons closes (Punctum, 2006).

 

Capitale de l’amour : filles et lieux de plaisir à Paris au XIXe siècle

Parution du livre le 19 mars 2015 : À la fermeture du jardin de la place des Vosges, les filles se répandent rue Saint-Antoine, rue de Rivoli, jusqu’à la tour Saint-Jacques. Déployées en tirailleuses, vous avez beau chercher à les éviter en changeant de trottoir, elles finissent par vous saisir au passage c’est la véritable chasse à l’homme. – Gustave Macé

À la fin du XIXe siècle, Paris ne faillit pas à sa réputation de «Babylone moderne». Si Parisiens, provinciaux et étrangers aiment tant flâner le long des boulevards, s’attarder à la terrasse des cafés, s’encanailler dans les bals et les cabarets, c’est qu’ils y sont en galante compagnie : dans le cabinet particulier d’un restaurant ou la luxueuse loge d’un théâtre, dans un hôtel garni ou dans une maison de rendez-vous, la nuit comme le jour, filles publiques anonymes, lorettes scandaleuses et célèbres courtisanes se vendent au plus offrant, sous l’oeil attentif des agents des moeurs. Autant de lieux de prostitution, d’espaces de racolage et de rendez-vous galants qui façonnèrent la géographie de la ville et contribuèrent, pour longtemps, à consacrer Paris capitale de l’amour et des plaisirs.

Docteure en histoire, Lola Gonzalez-Quijano consacre actuellement ses recherches au demi-monde et aux réseaux qui se nouent autour des prostituées de luxe. Issu de sa thèse soutenue à l’EHESS sur la prostitution parisienne sous le Second Empire et la IIIe République, Capitale de l’amour est son premier ouvrage.

La revue de presse Eric Aeschimann – L’Obs du 26 mars 2015

Pour raconter « la capitale de l’amour » du XIXe siècle, Lola Gonzalez-Quijano a épluché les archives de la police, mais aussi les récits de Maupassant, Zola ou des Goncourt…

Paris «capitale de l’amour», «ville du vice», «bordel de l’Europe» : tel est le sujet de l’ouvrage de Lola Gonzalez-Quijano. En cette deuxième moitié du XIXe, raconte la chercheuse, on accourt de partout pour jouir des plaisirs de la chair. Toute une littérature touristique en atteste («Guide secret des plaisirs parisiens», «Les Plaisirs de Paris», «Guide secret pour étrangers et viveurs», «Secret Directory of foreigner Bachelor in Paris»…), mais aussi des articles de presse, des témoignages, des romans et l’infinie ressources des archives de la police parisienne. Une masse de documents que la chercheuse a épluchées et dont elle a rapporté des descriptions étonnantes.

La revue de presse Antoine de Baecque – Le Monde du 30 avril 2015

Pour le monde entier, il ne fait aucun doute que Paris est la capitale du sexe. Le Paris-Guide de 1867 le revendique, évoquant l’un des «plus beaux monuments de la capitale» : «Quel sauvage, fût-il originaire de la terre des Papous, ou fils de la tribu des Ojibwés, n’a pas entendu parler des filles d’Eve qu’on y rencontre ?» Les quatre cent mille prostituées y ­occupent cette place : elles sont les choses de l’amour, et font de Paris le grand bordel d’un tourisme sexuel ­mondialisé.

Extrait de l’introduction du livre :

« Bien après leur disparition, les maisons closes continuent de fasciner. Elles sont devenues l’incarnation d’une époque où la sexualité, source d’angoisse et de peurs, aurait été fermement encadrée, réprimée et contrôlée; et que l’on imagine désormais révolue. En réalité, la vie quotidienne des maisons n’avait que peu à voir avec les règlements édictés. Mais surtout, leurs pensionnaires ne constituaient qu’une très faible minorité de l’ensemble des femmes vénales. Notre vision de la sexualité au XIXe siècle est en fait très largement faussée par les représentations actuelles de la prostitution et leurs enjeux. Il faut s’en délester si l’on veut saisir, dans toutes ses nuances et ses contradictions, ce qu’était l’amour vénal à cette époque et comment Paris en est devenu la capitale.

Paris s’impose au XIXe siècle comme la capitale mondiale de la modernité, autant que comme «Babylone moderne». Et sa réputation galante ne fait que s’amplifier tout au long du siècle ; «capitale de l’amour», «ville du vice», et même «bordel de l’Europe» sont autant d’expressions qui consacrent le mythe d’une ville où tous les plaisirs sont à portée de main. À cet égard, la ville haussmannienne qui émerge sous le Second Empire est plus qu’un nouveau décor : derrière la profonde restructuration urbaine engagée – destruction des quartiers ouvriers centraux jugés trop denses et insalubres, réalisation d’un programme d’infrastructures urbaines et d’équipements d’une ampleur inégalée, changement d’échelle dans la façon de penser l’aménagement de la ville -, il s’agit certes de montrer la puissance et la beauté retrouvée de Paris, devenue capitale de l’Empire après les combats et la répression de 1848, mais aussi et surtout de «réorienter profondément les modes de vie, de créer une nouvelle façon de vivre la ville et, chose inédite, de la consommer». La défaite de Sedan et la chute du Second Empire sont brutales et inattendues. C’est dans une société traumatisée par la débâcle militaire et les affrontements sanglants de la Commune que se met lentement en place la IIIe République. Dans les premiers temps, celle-ci se construit moins sur une exaltation de la démocratie que sur une opposition au régime précédent, qui dépasse largement le cadre politique : les critiques formulées à rencontre du gouvernement, de l’armée, de l’Empereur et surtout de l’Impératrice, sont redoublées par une dénonciation de la société impériale. Débauche, galanterie, vices, luxe… Le retour à F«ordre moral» des débuts de la IIIe République dénonce la corruption et le relâchement des mœurs des élites du Second Empire; il est de bon ton de fustiger les «gandins» et les «petits crevés» du «Boulevard» ainsi que les lorettes et autres femmes galantes. Mais les courtisanes de l’Empire ne s’exilent pas ; elles renouent avec leurs anciens amants de la monarchie ou fréquentent les nouveaux hommes forts du gouvernement, à l’instar de Léonide Leblanc qui, entretenue un temps par le prince Jérôme Napoléon, accorde désormais ses faveurs au duc d’Aumale et à Georges Clemenceau. Les mœurs ne changent pas aussi vite que les régimes et Paris reste Paris : bals, théâtres et établissements de spectacle rouvrent très vite et surtout se multiplient ; cafés et restaurants font à nouveau salle comble et la fréquentation des prostituées apparaît, autant si ce n’est plus qu’avant, comme l’un des plaisirs et des divertissements spécifiques de la capitale. »

Genre : Histoire

Éditeur : Vendémiaire, Paris, France

Collection : Chroniques