Archives mensuelles : février 2012

Les femmes de la Royal Air Force, 1918-1945

Parution du livre le 14 février 2012 : Gros plan sur un épisode oublié de l’histoire de la Royal Air Force : le rôle des femmes au cours des deux conflits mondiaux…

Dès 1918 en Grande-Bretagne, des femmes occupent, au côté des hommes, une place importante dans la Royal Air Force. De 25 000 en 1919, ces auxiliaires, partenaires de la RAF, passent à 250 000 dans la période 1939-1945 pour contribuer activement à l’effort vital de leur pays afin de sauver l’Europe de la barbarie hitlérienne. Après avoir sacrifié leur jeunesse pour un voyage vers l’inconnu, elles remplacent les hommes dans les états-majors et dans les escadrons britanniques, à travers une grande variété de métiers parfois très masculins, mais sans jamais avoir le droit de piloter les avions pendant les opérations de guerre.

Dans l’histoire de l’aviation, il s’agit d’un épisode méconnu, voire oublié, et pourtant capital. Geneviève Moulard revient sur le rôle de la Women’s Royal Air Force (WRAF) de 1918, sur celui de la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF) vingt ans plus tard, dont certains membres seront recrutés comme agents du Spécial Opérations Executive (SOE) et connaîtront un destin tragique, enfin sur celui des pilotes civiles de l’Air Transport Auxiliary (ATA), qui convoyaient les avions aux escadrons de la RAF en première ligne.

Le monde de l’aviation, les raids aériens ainsi que les pilotes et les équipages sont décrits à travers les yeux de ces jeunes femmes de vingt ans. Sur les bases aériennes, elles affrontent avec courage et dévouement, malgré une discipline rigoureuse, les dangers et les drames, mais elles vivent aussi d’inévitables romances de guerre et nouent des amitiés indéfectibles. Cet ouvrage est un hommage à toutes celles qui, par leur contribution essentielle, ont soutenu il y a quelques décennies les opérations aériennes à côté des hommes et qui, en partie grâce à leur ténacité, ont permis aux nouvelles générations de devenir enfin leurs égales dans la RAF d’aujourd’hui, c’est-à-dire piloter des avions de combat.

Geneviève Moulard, consultante, s’intéresse à l’histoire de l’aviation et s’applique à la promouvoir. Elle travaille également sur divers aspects du domaine de la défense et sur celles et ceux qui la servent. Elle est par ailleurs co-auteur de l’ouvrage Droites, Mystérieux robots volants (Lavauzelle).

Extrait du  livre : 

Le tournant du siècle – Fait méconnu, l’histoire des femmes dans la force aérienne britannique remonte à la guerre de 1914-1918. Même pour ceux qui n’ont connu que la seconde guerre mondiale, la surprise est probable. Pourtant, avant que les jeunes femmes britanniques ne s’engagent dans les forces armées, il a fallu dans tous les pays qu’elles s’affranchissent d’abord de nombreux préjugés et d’un antiféminisme certain. Les organisations féminines comme la Women’s League ont depuis toujours tenté de changer la façon dont les femmes ont été jusque-là considérées dans la société britannique et n’ont affecté en réalité que certaines classes aisées, ne touchant pas la classe ouvrière. C’est tout de même la déclaration de guerre en août 1914 qui marque le grand tournant de l’avènement de l’égalité féminine en Angleterre et qui accélère le processus d’intégration de la femme britannique dans le travail et dans la société en général. Qu’elles soient d’ordre civil ou militaire, les activités des femmes dans l’effort de guerre suscité par le gouvernement vont donner un coup de fouet à l’amélioration de leur statut social et de leur position dans la société britannique.

Avant 1914, les femmes de la classe aisée ne travaillent pas ou du moins très peu. Dans la classe moyenne, elles sont alors professeurs, infirmières ou gouvernantes. Les universités leur ouvrent leurs portes bien qu’Oxford ou Cambridge hésitent tout de même à leur décerner les diplômes tant convoités. Après le mouvement des «suffragettes» incarné par la Women’s Social and Political Union de Mrs. Pankhurst et ses filles, puis par les National Union of Women’s Suffrage Societies des féministes de Mrs. Millicent Fawcett, elles peuvent voter dans des scrutins locaux. Il est clair qu’aucun homme politique ne souhaite vraiment les écouter ni s’attarder à la défense de leur cause. Nombreuses militantes sont même punies pour avoir manifesté leur indignation.

L’annonce de la première guerre mondiale est l’étincelle qui enflamme le militantisme des «suffragettes». Déterminées, elles décident d’abandonner le combat pour le droit de vote et de s’engager pleinement dans l’effort de guerre pour aider le gouvernement contre le péril allemand. Lorsque la guerre éclate, des femmes prodigues montent des associations caritatives prodiguant des soins médicaux. Elsie Inglis, jeune médecin originaire d’Écosse, essuie un refus gouvernemental de mettre sur pied un service ambulancier qui permettrait son engagement. Soudain, en 1915, les hommes partis au front manquent cruellement de munitions. Les femmes en uniforme ! Cela ne s’est jamais fait et porter une tenue semblable à la leur est un affront aux valeurs masculines. Mais l’une d’entre elles, Flora Sandes, fille d’un pasteur irlandais et bénévole de la Croix-Rouge, est reconnue en Angleterre. Elle s’engage dans la Ladies’ Nursing Yeomanry, un corps féminin infirmier, et dans un but humanitaire se porte volontaire pour un service ambulancier à la déclaration de guerre de l’Autriche contre la Serbie le 28 juillet 1914. Elle devient ainsi la première femme officier dans l’armée serbe et la seule Britannique enrôlée officiellement comme soldat dans la première guerre mondiale. Ce sont autant d’exemples…

Genre : Documents Essais d’actualité

Éditeur : Marines Editions, Rennes, France