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Louise et les pétroleuses …

Louise-et-les-petroleuses

Louise et les pétroleuses

Parution du livre le 20 juillet 2011 – Blanche, Marie, Pauline, trois femmes du peuple de Paris, accompagnées d’un titi surnommé Galmioche, traversent la ville et les événements de la Commune. Au hasard de leurs déambulations elles croiseront le chemin de Louise Michel, Gustave Courbet et de quelques moblots se battant pour l’honneur de la France contre les soldats de Thiers. Sans réelle conscience politique mais emportées par la liesse populaire, elles vont se joindre à la mêlée tragique qui durera 72 jours et s’achèvera au Père-Lachaise, au pied du mur des fédérés.

Victor Hugo dira de cette lutte pour un idéal égalitaire, social et fraternel : ” Le cadavre est à terre mais l’idée est debout. ”

Extrait du livre :

Nous sommes le 17 mars 1871 à Paris.
Un gamin sur un tas de cailloux.
Un flambeau près de lui.
C’est le soir. Il joue de l’harmonica.
Puis il chante le premier couplet de «La semaine sanglante» de J.-B. Clément.

GALMIOCHE (lentement) – Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblants.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.

Refrain

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

La tête d’une femme sort de l’ombre.
On ne voit pas son corps. Elle tient une lanterne éteinte.
On entend des aboiements de chiens par intermittence. Elle boite légèrement.

BLANCHE – Je m’appelle Blanche, j’ai trente-cinq ans, je travaille à l’usine de… Vos gueules les chiens ! Je travaille à l’usine. Six heures-vingt heures avec une pause pour faire pipi et une autre pour le casse-croûte, rien de plus. Je me plains pas, y’a pire, et puis je gagne bien ma vie. Enfin disons que je gagnais de quoi ne pas mourir de faim. Mais depuis que les Prussiens nous ont envahis, depuis qu’ils font le siège de Paris, c’est fini, plus de pain, plus de travail et plus d’usine. Bien que des pierres ! Et faire un ragoût à la sauce cailloux c’est pas ça qui réchauffe l’estomac… C’est pas fini, les chiens ? ! Nous aussi on a faim ! Alors les os on les ronge, on les suce, on les broie et y reste rien. Z’avez qu’à demander à M. Thiers de vous envoyer de la viande versaillaise. (Elle fait trois pas, trébuche.) On n’y voit rien ! Plus de gaz dans les réverbères.

Derrière elle, quelqu’un s’affale.

Auteur : Gérard Levoyer

Genre : Théâtre

Éditeur : Ed. de l’Oeil du prince, Paris, France

Collection : Théâtre, n° 80

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Louise et les pétroleuses