Archives mensuelles : mars 2011

Zones sensibles : une femme contre les criminels de guerre

Parution du livre 16 mars 2011 – « Je m’étais installée comme d’habitude pour prendre mon café au centre de la ville de Brcko, en Bosnie. Il était là, j’étais fatiguée mais je l’ai regardé, je lui ai même souri. La veille, jusque très tard, j’avais plaidé son dossier devant la Cour spécialisée pour convaincre le procureur général de transférer son cas directement à Sarajevo.

Cet homme travaillait au camp de concentration de Luka pendant la guerre. Il a directement torturé des dizaines de personnes, commis des viols et tué des enfants, à Brcko et à Srebrenica.

Il a été arrêté, le chef de la police vient de me téléphoner pour me le confirmer. »

Biographie de l’auteure :

Céline Bardet est une femme de terrain, juriste mandaté par les organisations Internationales, elle intervient et légifère dans les régions du monde les plus conflictuelles. Depuis ses débuts au Tribunal de La Haye, elle a parcouru de nombreuses régions du monde pour travailler sur les questions de crimes de guerre.

Ce récit autobiographique raconte comment s’articule la vie d’une juriste mandatée par les organisations internationales pour intervenir et légiférer dans les régions du monde les plus conflictuelles. Céline Bardet est une femme de terrain qui depuis ses débuts au Tribunal de La Haye, a parcouru de nombreuses régions du monde pour travailler sur les questions de crime de guerres mais aussi de terrorisme, de crime organisé et de corruption. Elle vit l’aventure risquée d’une actrice de l’histoire. Si plusieurs tentatives d’attentats et agressions n’ont pas abîmé sa vocation, en revanche, les années passées à partager l’histoire souvent dramatique des personnes rencontrées ont parfois entamé sa quête d’une justice efficace.

Extrait du prologue – Aujourd’hui, je me suis installée comme d’habitude pour prendre mon café au centre de la ville de Brcko, en Bosnie. Il était là, j’étais fatiguée mais je l’ai regardé, je lui ai même souri. La veille, jusque très tard, j’avais plaidé son dossier à Sarajevo devant la Cour spécialisée des crimes de guerre pour convaincre le procureur général de transférer son cas directement à Sarajevo. Les policiers et le procureur de Brcko possédaient assez d’éléments pour inculper ce type pour crimes de guerre, mais la pression est trop forte et je sais qu’aucune sanction ne sera prise ici, à Brcko. Je sais que cette affaire va m’échapper en partant à Sarajevo, je le regrette, mais je sais aussi qu’ici, l’affaire est trop sensible pour une si petite communauté.

Cet homme, qui travaillait au camp de concentration de Luka pendant la guerre, a personnellement torturé des dizaines de personnes, commis aussi des viols et tué des enfants, à Brcko et à Srebrenica.

Il a été arrêté, le chef de la police vient de me téléphoner pour me le confirmer.

Cet après-midi, la sécurité m’a appelée pour me dire que quelqu’un voulait me parler. Cette femme, je ne la connais pas. Elle est entrée dans mon bureau, elle ne s’est même pas assise, n’a rien accepté à boire, elle a juste tendu sa main dans laquelle elle tenait un bracelet en argent, le bracelet de son fils qui a été tué, je crois qu’il avait 8 ans.

Genre : Documents Essais d’actualité

Éditeur : Ed. du Toucan, Paris, France

Sur ARTE Céline Bardet, auteur de « Zones Sensibles, une femme contre les criminels de guerre »

Visionner l’émission ici.

Lien vers le livre de Céline BARDET.

Violette Morris – Histoire d’une scandaleuse

Parution du livre le 10 mars 2011 – Née à Paris en 1893, Violette Morris s’est d’abord illustrée comme estafette sur le front pendant la Grande Guerre, puis comme sportive de haut niveau, notamment en course automobile où elle gagna le Bol d’Or en 1927 devant des concurrents masculins. Mais en 1930, la Fédération féminine sportive de France la condamne pour  » mauvais exemple aux jeunes filles « . Marginalisée, Violette fréquente les artistes, se fait couper les seins et s’installe avec sa compagne sur une péniche. Un homme venu la menacer y meurt sous les coups d’une arme à feu… Acquittée pour légitime défense, elle n’en devient pas moins une femme dangereuse, réputation qu’elle justifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et allemands sous l’Occupation. A la tête d’un garage réquisitionné par la Luftwaffe tout en se livrant au marché noir, elle est accusée d’être agent de la Gestapo. Sa fin tragique sous les balles de la résistance normande en 1944 scelle le destin d’une figure hors norme qui n’a pas pu trouver sa place dans la France de l’entre-deux-guerres. Mal connu, objet d’une légende noire, le  » dossier Violette Morris  » méritait d’être rouvert. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie ne conclut pas à sa culpabilité. Et si Violette Morris incarnait tous les démons refoulés d’une époque ?

Biographie de Marie-Josèphe Bonnet

Historienne et historienne de l’art, Marie-Josèphe Bonnet est l’auteur de : Les Relations amoureuses entre les femmes du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1995), Les Femmes artistes dans les avant-gardes (Odile Jacob, 2006) et Les Voix de la Normandie combattante (Ouest-France, 2010). Elle travaille sur l’Occupation et la Résistance depuis plusieurs années, tout en poursuivant ses recherches sur l’art et le féminisme.

Sommaire :

  • NAISSANCE D’UNE CHAMPIONNE
  • « LA PLUS INTRÉPIDE DES SPORTIVES DE NOTRE PAYS »
  • LA MOUETTE ET LE SCARABÉE
  • DANS L’OMBRE VERT-DE-GRIS DE L’OCCUPATION
  • « IL Y AURAIT LIEU DE FAIRE ABATTRE CETTE FEMME »

Éditeur : Perrin

(Violette Morris, hors-la-loi du genre par Yannick RIPA 26 mai 2011)

Sportive de haut niveau, championne automobile, lesbienne portant costume masculin, scandaleuse de l’entre-deux-guerres accusée d’homicide, collaboratrice morte en avril 1944 sous les balles de la Résistance, ainsi se résume l’incroyable existence de Violette Morris. Ainsi surtout se caricature-t-elle car, quand le temps n’a pas gommé des mémoires cette femme singulière, née en 1893, il l’a réduite à l’une de ces identités. Cas extrême : elle est sous la plume de Raymond Ruffin la Diablesse (1984) puis la Hyène de la Gestapo (2004).

C’est précisément le refus de ces portraits brossés à partir d’archives à la validité peu interrogée qui motive l’étude fouillée de l’historienne Marie-Josèphe Bonnet. Elle sait d’expérience combien la réalité des femmes – et qui plus est de celles qui méprisèrent les normes – fut déformée pour correspondre aux présupposés de la société dont même les historiens ne sont pas tous exempts. Nul ne semble en effet s’être étonné de l’incongruité de ce parcours : alors que Morris affiche une telle rupture avec les codes de genre qu’elle provoque son exclusion de la Fédération des sociétés féminines sportives de France, pourtant dirigée par une féministe, oublieuse de son rôle dans l’essor du sport féminin et dans la popularisation de celui-ci, elle choisit le pétainisme, défenseur acharné de l’Éternel féminin. Comment, alors qu’elle vit avec la comédienne Yvonne de Bray, et donc est une amie proche du couple Cocteau-Marais, peut-elle se rapprocher des nazis qui poursuivent les homosexuels ? En retour, comment les milieux collaborationnistes accueillent-ils en leur sein cette marginale aux allures d’homme ? …

Pour lire la suite de cet article, voyez le lien suivant :

Violette Morris, hors-la-Loi du genre