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Un uniforme sous la burka – Être femme et flic en Afghanistan

27315517_6094599Parution du livre le 15 avril 2010 : Menacée par les Talibans depuis quinze ans, Jamila Barakzai ne renonce pas à l’amour qu’elle porte à son métier : policière. Dans ce document, elle témoigne au travers de la plume de Manon Quérouil des combats successifs qu’une femme afghane doit mener dans son pays et qui continuent d’être difficiles malgré la présence des armées occidentales.

« Nous sommes moins portées sur la violence, moins avides de pouvoir et d’argent, moins enclines aux querelles ethniques qui ravagent notre pays. » Les femmes pour régler les problèmes de l’Afghanistan ? Jamila Barakzaï de « Un uniforme sous la burka » ne va pas jusque là mais raconte au travers des pages son combat pour avoir sa chance de participer à la reconstruction de son pays.

Servir sous l’uniforme de la police, un rêve que l’auteur nourrit depuis sa plus tendre enfance. A la fin des années 80, les femmes ne sont pourtant déjà pas bien vues dans ce rôle. Jamila Barakzaï devra se contenter de surveiller la prison pour femmes. Avec l’arrivée des Talibans, elle se retrouve confinée sous la burka et à l’intérieur de la maison dans un rôle servile qui est pour elle une véritable torture. Quand les armées de l’OTAN interviennent en 2001 et repoussent les extrémistes, elle retrouve une place et joue enfin un rôle au service de la sécurité d’autrui.

Derrière la burka, c’est le sort de la femme en Afghanistan qui est dénoncé dans cet ouvrage. Au fil des pages, les violences et les horreurs se multiplient avec une régularité impressionnante. Le quotidien des Afghans reste difficile à imaginer et n’est que rarement abordé dans les médias occidentaux. Il est également inquiétant de lire que les choses ne s’améliorent que lentement et que dans le sud du pays, dans les régions pachtounes, les femmes ne peuvent toujours pas sortir de chez elles.

Femmes flics afghanes

« Le problème de notre police, c’est que n’importe qui peut y entrer. » Ce constat de Jamila Barakzai n’est pas nouveau. La police afghane peine à trouver sa place dans la société. Métier dangereux, une partie de ceux qui le choisissent sont plus attirés par les avantages qu’ils peuvent tirer de l’uniforme que par la vocation professionnelle. Une situation qui ne s’améliore que très lentement, le ministère de l’Intérieur étant directement en concurrence avec l’armée pour recruter des hommes solides. Des hommes en nombre insuffisant pour suivre les quotas espérés par les armées étrangères.

Recruter des femmes n’est cependant pas vu comme une solution envisageable. Elles restent très largement minoritaires au sein des forces de police. A peine 500 sur l’ensemble du pays. Des femmes qui n’ont ni la protection, ni le soutien, ni parfois la formation pour faire correctement leur travail. Principale lacune : le manque de sécurité qui contribue à en faire des cibles privilégiées des attaques talibanes.

Au travers du parcours de Jamila Barakzaï, on retrouve celui de Malalaï Kakar, une femme officier de police très connue en Afghanistan qui a été assassinée le 28 septembre 2008. Les deux femmes étaient amies et ont échappé comme elles ont pu à la terreur talibane à Kandahar. Toutes les deux ont travaillé ensemble dans l’ancienne capitale du règne fondamentaliste. L’auteur de ce livre a échappé aux terroristes mais pas son amie.

Un uniforme sous la burka
Jamila Barakzaï avec la collaboration de Manon Quérouil
Éditions Michel Lafon