Archives mensuelles : octobre 2009

Conductrice d’ambulance de la Croix Rouge Française (1940)

Document répertorié le 11 octobre 2009 – Traditionnellement, les femmes exercent en cas de conflit des fonctions liées au service de santé. C’est ainsi qu’en 1914, nombreux furent celles à se porter volontaires pour un emploi d’infirmière. Il en va de même au début de la seconde guerre mondiale, avec une nuance : la loi Boncour de juillet 1938 prévoit l’engagement volontaire et la réquisition de femmes au titre des armées.

Ce dessin représente l’une des trois catégories de femmes sous l’uniforme en 1939-40. Il s’agit d’une conductrice d’ambulance de la Croix Rouge Française (à ne pas confondre avec les conductrices servant dans les Sections Sanitaires Automobiles qui, elles, sont rattachées au service du train).

La Croix Rouge Française, créée en 1940, est le produit de la fusion de trois anciennes sociétés féminines : la S.S.B.M., l’A.D.F. et l’U.F.F. Ses personnels portent un ensemble gris-bleu : vareuse cintrée à ceinture, jupe droite et chapeau rond à larges bords. Les pattes de col sont grises, avec une croix rouge sur un fond blanc.

D’après un dessin de C.-J. Morin, paru dans le Carnet de la Sabretache n° 67 – 1983

Mise en couleurs Anovi

Quelques éléments historiques sur la féminisation dans la Police

Parution document d’origine 17 octobre 2009 – En 1914, le préfet de Police de Paris engage pour la première fois 12 femmes en qualité de dactylographes. En 1935, 2 femmes sont nommées assistantes de police. Elles portent l’uniforme et dépendent de la direction générale de la police municipale. Leur rôle : la protection des enfants. En 1938, elles sont rattachées à la direction de l’hygiène. Elles sont 20 en 1942. En 1943, le corps des surveillantes auxiliaires de police est créé. Il ne cessera de croître. En 1953, à Paris, les femmes ayant le baccalauréat, le brevet supérieur ou la capacité en droit, accèdent sur concours interne au grade d’officier de police adjoint. En 1960, elles intègrent le corps des policiers en civil. La réforme de 1972, qui crée le corps des inspecteurs et enquêteurs, stipule le recrutement des femmes. En 1974, elles accèdent au grade de commissaire par concours, au même titre que leurs homologues masculins. En 1978, les postes de gardien de la paix, et en 1982, la carrière d’officier de la paix leur sont ouverts. Enfin, la loi du 13 juillet 1983, consacre le principe d’égalité des sexes : égalité dans l’emploi, l’affectation ou la promotion.

Le terme de « Commissaire » apparaît pour la première fois en 1306 lorsque Philippe le Bel crée, dans chaque quartier de Paris, une charge de « Commissaire Examinateur au Châtelet ». Il n’existe pas, à l’époque, de séparation effective des pouvoirs et ces douze premiers Commissaires sont à la fois juges et policiers. Sous le règne de Louis XIV, un Edit de mars 1667 clarifie la situation en disposant que « les fonctions de Justice et de Police sont souvent incompatibles et trop étendues pour être exercées par un seul homme. » Nicolas de la Reynie, premier titulaire de cette charge, les renomme « Commissaires de Police ». Jusqu’à la Révolution, les Commissaires de Police cumulent des fonctions d’enquête, des pouvoirs en matière de police administrative et des compétences judiciaires dans les cas de délits flagrants. Les Commissaires de l’Ancien Régime achetaient leur charge et bénéficiaient de rémunérations et de privilèges. A la chute de l’Ancien Régime, les Commissaires de Police sont élus par les comités de « Sections » (nouveau nom des quartiers) et dépendent des maires. La plupart sont d’anciens avocats, d’autres sont issus des secteurs du commerce ou de l’artisanat. Durant la période révolutionnaire, la Police reste municipale et sombre vite par manque de moyens. A la chute de Robespierre, l’Institution policière n’existe plus. Elle va renaître sous le Directoire avec la création, en 1796, du Ministère de la Police Générale qui représente la première tentative de centralisation de l’institution.

Les Commissaires de Police, présents dans toutes les villes de plus de 5000 habitants et dans chaque quartier de Paris, ne sont plus élus mais nommés par les maires. Sous le Consulat et l’Empire, ils sont nommés par le gouvernement et placés sous l’autorité du Préfet ou du Sous-Préfet. En réaction à l’Empire, la Restauration puis la Monarchie de Juillet reviennent à une police municipale, dirigée par un Commissaire de Police secondé par des Officiers de Paix et des Sergents de Ville en uniforme. A partir de 1848, la police municipale va connaître un lent déclin. Tout au long du XIXe siècle, l’État va progressivement contrôler l’ensemble des activités policières. C’est ainsi que les forces de police des grandes villes vont être étatisées à partir de 1851, leurs personnels devenant ainsi des fonctionnaires d’État. Le recrutement et l’avancement vont dès lors être assurés par le ministère de l’Intérieur.

En 1941 l’étatisation de la Police est étendue à l’ensemble des villes de plus de 10.000 habitants. La loi du 23 Avril 1941 et les textes qui suivront précisent les règles en matière de recrutement des fonctionnaires de police. Le principe posé est celui d’un concours national pourvoyant à tous les emplois, même si, dans la pratique, le gouvernement en place recrute parfois « sur titres ». A la même époque, la formation professionnelle est prise en compte au plan national avec la création de L’École Nationale de Police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. La Libération rétablit les institutions républicaines, la hiérarchie mise en place par le gouvernement de Vichy disparaît mais le principe d’une police étatisée reste acquis pour les communes d’au moins 10.000 habitants. La création de la Police nationale en 1966 a unifié le corps des commissaires de police qui occupent, désormais, une place particulière au sein de la fonction publique à la jonction des domaines judiciaire et administratif.

(Uniforme de femme gardien de la paix – tenue de cérémonie (1979 – 1984)

Conductrice du 25e Bataillon Médical (1944)

Document répertorié le 11 octobre 2009 – L’uniforme porté par cette conductrice d’ambulance au 25e Bataillon Médical ne diffère pas de celui de ses camarades masculins de la 9e D.I.C. (Division d’Infanterie Coloniale) : blouson américain « field jacket » modèle 1941, pantalon de drap « moutarde », guêtres (leggings) de toile à lacet, de couleur beige ou vert olive, brodequins américains de cuir fauve, chemise et cravate américaines…

Symbole de l’attachement aux traditions des troupes coloniales, la coiffure est un bonnet de police « à pointes » de drap bleu foncé, dont les rabats sont passepoilés de rouge et qui porte sur le côté gauche une ancre de marine dorée. Aucun insigne de grade ni d’unité n’est porté sur cette tenue d’une rare sobriété.

D’après un dessin de C.-J. Morin, paru dans le Carnet de la Sabretache n° 67 – 1983

Mise en couleurs Anovi

Volontaire du Service Féminin de la Flotte (1942-1943)

Document répertorié le 11 octobre 2009 – C’est en 1941 que les premières femmes ont rejoint les rangs des Forces Navales Françaises Libres, en Grande Bretagne.

Elles ont été rassemblées dans un « Service Féminin de la Flotte », commandé par Madame Bravery, et instruites par la Royal Navy, au sein du Women’s Royal Naval Service. 

Comme pour l’officier, l’uniforme de cette « marinette » est presque exclusivement composé d’effets britanniques : chemise et jupes blanches en coton, chaussures de cuir blanc (ou noirs). Seul le bonnet de marine à pompon (« bachi »), bleu ou recouvert d’une coiffe blanche suivant la saison, est typiquement français. En principe, son bandeau porte en lettres dorées la mention « Marine Nationale » ou « F.N.F.L. ». Les épaulettes bleues de la Marine Nationale sont également françaises.

D’après un dessin de C.-J. Morin, paru dans le Carnet de la Sabretache n° 67 – 1983

Mise en couleurs Anovi

Sous-officier féminin de la Marine Nationale (1975)

Document répertorié le 10 octobre 2009 – Après la loi du 13 juillet 1972 instituant l’égalité de statut de tous les personnels des armées, les femmes servant comme P.F.A.M. (Personnel Féminin de l’Armée de Mer) reçoivent un nouvel uniforme en 1973.

Celui-ci, qui n’est pas sans rappeler la tenue des volontaires du S.F.F. de 1943,  se compose d’un ensemble bleu marine (vareuse croisée et jupe droite), d’un chapeau « postillon » noir portant sur l’avant l’insigne de la Marine Nationale (ou du P.F.A.M. : deux ancres croisées dans un cercle) et de chaussures de cuir noir.

Les deux galons dorés cousus en biais au bas des manches indiquent un second maître.

D’après un dessin de C.-J. Morin, paru dans le Carnet de la Sabretache n° 67 – 1983

Mise en couleurs Anovi –