Archives mensuelles : octobre 2003

La femme impressionniste

La femme impressionnisteDate de parution du livre le 6 octobre 2003 – Un nu réaliste au centre d’un tableau, assis en toute impudeur dans un décor bucolique, le regard franchement planté dans celui du spectateur, fait scandale au Salon des refusés de 1863. Avec Le Déjeuner sur l’herbe, bientôt suivi d’Olympia, Manet ouvre l’offensive qui conduira le mouvement impressionniste à révolutionner les normes imposées par l’Académie pour la représentation du corps féminin. Manet donc, mais aussi Cézanne, Degas, Renoir, Monet, Caillebotte, Pissarro, Bazille, Mary Cassat, Berthe Morisot, Eva Gonzalès, Marie Bracquemond, tous montreront la femme sous ses différents visages, qu’elle soit mère, jeune fille, modèle, courtisane, chanteuse, ouvrière ; à travers ses multiples personnalités, ils rendront compte de son essor dans la vie moderne et de son importance grandissante dans une société en pleine métamorphose. De cette nouvelle image de la femme, l’impressionnisme sera le témoin audacieux et lucide.

Gilles Plazy est un journaliste, critique d’art, écrivain, essayiste, critique littéraire et poète français.Diplômé de l’Institut d’Études Politique de Paris.

Il a débuté sa carrière au quotidien Combat. Il y a notamment couvert les événements de mai 1968 auprès des étudiants et des manifestants.

A publié depuis 1970 une quarantaine d’ouvrages parmi lesquels des romans, des nouvelles, des poèmes et des biographies , ainsi que des études consacrées à différents artistes (Cézanne, Van Gogh, Matisse, le Douanier Rousseau, Fra Angelico, Chagall, Picasso) et écrivains (Julien Gracq, Henry Miller, Georges Perros, Tristan Corbière, René Char).

S’est engagé en peinture en 1971. A participé à diverses expositions de groupe et montré plus précisément son travail en deux expositions personnelles.

Depuis 1990 a pratiqué intensément la photographie argentique, surtout en noir et blanc (tirage compris) avant d’avoir recours aux manipulations numériques.

 

Mauresques – Femmes orientales dans la photographie coloniale, 1860-1910

Parution du livre le  1er octobre 2003 – Les portraits réunis ici offrirent aux Français, entre le Second Empire et la Première Guerre mondiale, la séduction de leur exotisme dans une abondante production de cartes postales, albums, guides de voyage et autres revues illustrées.

Leur reproduction à partir des plaques de verre originales, admirablement conservées, rend justice à leur indéniable splendeur. Elle recentre aussi le regard sur ces femmes anonymes et muettes – algériennes, marocaines. tunisiennes, libanaises, palestiniennes ou égyptiennes – que l’on regroupait fréquemment sous le terme de  » mauresques « . Des clichés les plus anciens, qui poursuivent le rêve oriental des peintres, aux  » scènes et types  » plus tardifs, moins raffinés, cette galerie de portraits est révélatrice de la place assignée aux femmes orientales dans l’imaginaire colonial.

Christelle Taraud, en lectrice attentive de ces images, met à nu les stéréotypes qu’elles véhiculent. Elle évoque avec empathie l’univers méconnu de ces modèles qui, partagés entre marginalité et émancipation, osèrent se dévoiler devant les photographes. Ce qu’expriment aujourd’hui encore ces femmes d’ombre et de lumière, c’est la force d’une présence intacte, un témoignage d’une beauté singulière.

 Christelle Taraud

Collectif (Photographe)

Éditeur : Albin Michel