Archives mensuelles : novembre 1992

Ma guerre dans la Gestapo

 Ma guerre dans la GestapoParution du livre le 20 novembre 1992 : Belgique 1940. Hélène Moszkiewiez, vingt ans, fille d’un tailleur juif, est recrutée par les services secrets londoniens. Elle doit à son courage exceptionnel et à sa connaissance de l’allemand d’être désignée pour la plus incroyable des missions : infiltrer le quartier général de la Gestapo !

Pendant deux ans, cette jeune Juive qui a réussi à gagner la confiance du chef de la Gestapo, Mueller, va détourner des informations capitales au profit de la Résistance.

Éditeur : Albin Michel (20 novembre 1992)

Helene-MoszkiewiezElle s’appelait Olga Richter, allemande selon ses documents d’identité … documents confectionnés par les services secrets britanniques ! En réalité, Hélène Moszkiewiez, Belge, de parents immigrés d’origine juive, a été élevée dans la langue de ses parents: l’allemand. Parfaite polyglotte, elle s’engage dans l’ IS et se fait embaucher comme secrétaire au siège de la Gestapo de Bruxelles.

A la Libération, alors qu’elle se promenait non loin du siège de la Gestapo, elle est reconnue par un habitant du quartier. Pendant l’Occupation, cet habitant, un vétéran de la Première Guerre, observait les allées et venues au siège de la Gestapo. Prise à partie, bientôt entourée par un attroupement hostile, la jeune femme a beau clamer qu’elle est membre de la Résistance et agent secret des services secrets britanniques, rien n’y fait ! Comment croire cette jeune femme que l’on la voyait souvent en compagnie de Müller, le sinistre patron de la Gestapo en zone occupée.

Elle se voit déjà traînée, battue, tondue… par cette foule vociférante.

Grâce à la présence d’esprit dont elle a souvent fait preuve dans les pires moments, Hélène Moszkiewiez se souvient qu’elle a noté le numéro de téléphone d’un responsable de l’ IS. Elle supplie de téléphoner à ce numéro. Rien n’y fait jusqu’à ce qu’une dame qui observait la scène : « pourquoi ne pas faire ce que cette personne demande ? On saura bien vite si elle ment ou non. D’ailleurs je ne crois pas qu’il soit sage que nous fassions justice nous-mêmes. » Après quelques palabres, il est décidé de téléphoner au numéro indiqué.

Quelques temps plus tard, une Jeep arrive en trombe; un capitaine de l’IS se fraie un chemin dans la foule haineuse, confirme que la jeune femme est bien un agent secret de l’ IS ….

Désappointement de la foule …..

Pourquoi cette anecdote aux apparences anodines ? A chacun de juger et de se demander combien de jeunes femmes n’ont pas eu la chance de Olga Richter alias Hélène Moszkiewiez. (Francis Deleu le dimanche 18 mai 2008 dans Forum des livres).